Marthe Peyroux

Marthe Peyroux est agrégée des Lettres modernes, docteur d’État ès lettres de l’Université Paris IV Sorbonne, membre de la Société Internationale d’Études Yourcenariennes (S.I.E.Y.)  et membre du Centre International de Documentation Marguerite Yourcenar (CIDMY) de Bruxelles. Elle est aussi membre fondateur de la Société Stendhal aujourd’hui, (Société Internationale d’Études Stendhaliennes) et vice-présidente de l'Association des écrivains du 7ème arrondissement de Paris.

Marthe Peyroux est l’auteur de cinq essais sur Marguerite Yourcenar et son œuvre. Elle a écrit un grand nombre d’articles et donné maintes conférences, tant en France -la majorité à Paris- qu’à l’étranger, participé à des colloques, afin de faire mieux connaître la pensée et l’art d’écrire de la romancière.

Elle a aussi organisé une exposition à la Bibliothèque-Trocadéro à Paris; elle est aussi intervenue dans l’émission radiophonique que France Culture a consacrée à Marguerite Yourcenar en juillet 2007.

email:marthe.peyroux@free.fr

Essais

Marguerite Yourcenar

La passion d'aimer

Marguerite Yourcenar reconnaissait avoir occupé une partie de sa vie à scruter le comportement des hommes afin de bien le connaître, d’en comprendre la richesse, d’en éclaircir le mystère. Les hommes sont tous différents, néanmoins ils sont tous semblables et parmi les faits qui uniformisent la nature humaine, elle retint l’amour, fût-il éphémère.

La romancière considérait qu’une vie ignorante d’un grand amour est incomplète, manquée, appauvrie. Aussi s’est-elle appliquée à trouver la meilleure définition possible du prodige qu’est un amour partagé, à observer l’apparition et les exigences du désir, à peindre la fougue exaltée des grandes passions et tout autant le drame de leur échec. Pour Marguerite Yourcenar, « l’amour est un des grands moments de la vie ».

Elle ne manqua pas non plus de s’intéresser aux amours illicites dont certains ne lui semblaient pas mériter l’opprobre qui pesait sur eux. Enfin, elle trouva en son père l’exemple même d’un homme « qui vécut de préférence avec des femmes et pour des femmes ». Par ailleurs, elle donna un récit poético-lyrique de son grand échec amoureux, une passion impossible à partager, ce dont elle souffrit amèrement.

Marguerite Yourcenar traite tous ces sujets avec délicatesse, avec décence ; ils ne peuvent heurter la sensibilité des lecteurs. Chacun de leurs développements donne la preuve que le monde de l’érotisme qui, de façon éparse a droit de cité dans l’ensemble de son œuvre, respecte une pudeur du meilleur aloi invitant ainsi d’autant mieux à en prendre connaissance.


Jacqueline de Romilly
Marguerite Yourcenar
et la
Grèce Antique

Une passion commune

La Grèce antique, objet d’une passion ? Tel est le cas avéré pour deux grandes hellénistes du XX° siècle, Jacqueline de Romilly et Marguerite Yourcenar. Une passion fondée sur une même admiration enthousiaste portée aux découvertes réalisées en Grèce au V° siècle avant notre ère, le grand siècle de Périclès, le siècle dit « du miracle grec ». Athènes inventa la démocratie, créa le genre tragique, compta d’illustres poètes, s’enrichit comme toute la Grèce de merveilles architecturales et statuaires inscrites au premier rang des chefs-d’œuvre de l’humanité.

Comment ne pas désirer connaître et faire connaître ce siècle prodigue en innovations exceptionnelles, fondements de notre civilisation ? Jacqueline de Romilly a consacré sa vie au service de cet objectif généreux, enseignant une langue, le grec qui excelle à former les esprits, et une culture qui dispense de grandes valeurs civilisatrices et morales. De son côté, Marguerite Yourcenar par ses traductions de poésies antiques, par l’entremise de l’empereur Hadrien, fervent helléniste, par des confidences épistolaires, témoignait de sa passion pour la Grèce. En revanche, au fur et à mesure que sa culture s’élargissait, qu’en d’autres lieux du monde elle faisait la découverte de miracles aussi prodigieux que ceux de la Grèce, le miracle grec perdit de son prestige à ses yeux.

Ce livre propose un retour vers l’Antiquité grecque à partir des travaux que lui ont consacrés deux femmes de lettres érudites, stylistes, deux historiennes lucides et objectives, deux esprits supérieurs qui voient clair dans les faits, déchiffrent avec perspicacité le comportement des hommes et constatent que celui-ci ne change guère au fil des âges.

photo: fonds Marc Brossollet

Marguerite Yourcenar

Mon très cher père

Michel de Crayencour, le père de Marguerite Yourcenar, fut un être « mystérieux » et sa fille qui prit pour nom en littérature, Yourcenar, anagramme presque parfaite de Crayencour, a tenté d’éclaircir ce mystère. Elle l’a fait par bribes, mémorialiste des instants, des drames ou des joies. Fut-elle impartiale ? Elle privilégie les bons côtés de son père auprès duquel elle a vécu de sa petite enfance jusqu’à l’âge de vingt-neuf ans lorsqu’il l’a quittée au terme d’une longue maladie.

Michel de Crayencour reste aux yeux de sa fille un personnage « unique », tout à fait à part dans l’uniformité quasiment universelle des êtres. Il n’est pas question de le présenter comme un exemple. Il fut un cas particulier, « un grand vivant », « un être humain de la grande espèce ». Riche héritier, il dissipa ses biens auprès des femmes et dans les salles de jeu ; il se grisa de voyages ; il s’étourdit de divertissements sérieux ou frivoles sans négliger pour autant la belle littérature, la poésie classique, les tragédies de Shakespeare ni l’éducation et la simple compagnie amicale de sa fille. Son originalité mérite attention ; elle stimule la curiosité.

photo:  Irmelli Jung

Marguerite Yourcenar

Un regard sur le monde

Henri-Maximilien Ligre, personnage de L’Œuvre au Noir, ayant entendu un sergent boiteux lui raconter les hauts faits qu’il avait accomplis en Italie sous le règne de Charles VIII, se convainc qu’il était temps de tâter de la rondeur du monde. Marguerite Yourcenar fut dès l’enfance entraînée à suivre cette consigne et son naturel spontanément attiré par l’errance la lança sur les routes de l’univers.

Il faut dire qu’elle devait porter dans ses gènes le goût des voyages. Son père a consacré une grande partie de son temps à voyager à travers l’Europe qui était alors au début du XX° siècle un beau parc où les privilégiés se promènent à leur gré, et où les pièces d’identité servent surtout à retirer les lettres de la poste restante. Poussée par le vent qui déplace les nuages, Marguerite Yourcenar voyageait toujours les yeux ouverts sur le ciel, la mer, les paysages, la faune, la flore, les pierres, les villes, leurs vestiges ou leur développement vertigineux. De la multitude des images incrustées dans sa mémoire, elle retint que la nature était belle et avait un caractère sacré ; conséquemment il importe de la contempler avec respect, d’où sa tristesse et son inquiétude lorsqu’elle voyait les hommes porter atteinte à sa splendeur ou dilapider ses trésors.

Ce livre permet de parcourir le monde tel que Marguerite Yourcenar l’a observé et de découvrir ce qu’elle a aimé, ce qui la navrait, ce qu’elle aurait voulu. En outre, il rend compte du rôle que la nature a tenu dans l’imaginaire de ses rêves, de la part d’esthétique qu’elle reconnaissait aux pierres, de l’attrait que les paysages exerce sur les peintres et de l’éventuel animisme qui régit la vie de la faune voire de la flore. Il montre aussi combien la romancière s’est intéressée aux empreintes laissées sur le monde par les hommes occupés à construire des villes ou à les détruire selon les aléas de l’histoire. Enfin, il rappelle que l’Académicienne entreprit de lutter par ses écrits et par sa parole en faveur du respect de la nature. Elle s’employa à rendre sensible aux hommes l’obligation de sauver la planète et de laisser derrière eux un monde aussi pur et aussi beau qu’il leur fut donné.

photo: Yousuf Karsh

Marguerite Yourcenar

La difficulté héroïque de vivre

La jeune Marguerite de Crayencour célébrait « la gloire de vivre ». Plus tard Marguerite Yourcenar écrivain se contentait d’apprécier « le modeste plaisir de vivre ».

Les yeux ouverts sur le spectacle du monde, la romancière-historienne apprit au fil du temps que la vie est difficile, parsemée d’obstacles, fertile en déceptions, féconde en malheurs. De plus la perspective du grand voyage préoccupe voire tourmente beaucoup d’esprits.

À aucun moment Marguerite Yourcenar ne tint le compte des épreuves qui jalonnent toute aventure humaine, mais la lecture de ses œuvres –romans, essais, pièces de théâtre, traductions... – permet d’inventorier les grands défis auxquels chacun de nous peut se trouver confronté. L’essai de Marthe Peyroux, intitulé selon une expression empruntée à Marguerite Yourcenar elle-même, La difficulté héroïque de vivre, se propose de les étudier à partir de l’œuvre et des confidences de l’écrivain.

C’est ainsi que les coups de dé du destin portent atteinte à la liberté de toute existence qu’ils régentent en partie, que la passion, source d’un rayonnement primordial, se heurte trop souvent au tourment du refus, au drame de la trahison, à l’hostilité des circonstances quand elle n’est pas victime des diktats d’une morale ignorante des exigences de la nature humaine, que La douleur du monde culmine sous le joug de la guerre, la pire des sottises humaines. L’empereur Hadrien, pacifiste, imaginait mal la disparition de ce fléau attisé par la haine de l’homme envers l’homme. Devant la noirceur de ce tableau, le désespoir peut envahir l’âme la plus maîtresse d’elle-même et la méditation sur la mort ajoute fréquemment au désarroi de l’esprit qui ne parvient à résoudre ni l’énigme de son origine ni celle de sa fin.

Néanmoins Marguerite Yourcenar, relayée par ses grands protagonistes, l’empereur Hadrien, le médecin-philosophe Zénon, Nathanaël, l’homme obscur, fidèles porte-voix, témoins ou victimes par le monde de tant d’horreurs bouleversantes, ne sombra jamais dans le pessimisme. Elle adopta pour ligne de conduite, une acceptation sans passivité ni défaitisme paralysant. Elle s’efforçait par son exemple et par ses écrits de « préparer un monde plus propre et plus pur ».

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Biographie de Marguerite Yourcenar

Articles

Bulletins de la Société Internationale d’Études Yourcenariennes
N°4 Paysages de l’Europe ancienne dans Mémoires d’Hadrien
N°14 Marguerite Yourcenar, Marcel Proust et la grâce des songes
N°18 Nouvelles orientales, une guirlande de comparaisons
N°22 Marguerite Yourcenar, réminiscences stendhaliennes
I Le banquier
II La statuaire
III La Rome piranésienne de Stendhal
Bulletins de la Société Stendhal aujourd’hui
H.B.V Marguerite Yourcenar et Stendhal, une affaire de méthode
H.B.VI Hadrien vu par Stendhal et Marguerite Yourcenar
H.B.VII Le Colisée: Piranèse, Stendhal et Marguerite Yourcenar, à chacun sa façon d’admirer
Revue Francofonia, Bologne, printemps 1992
N° 22 Mémoires d’Hadrien, le hasard et l’histoire
Revue de l’Amopa (Association des membres de l’ordre des palmes académiques)
N° 136 Marguerite Yourcenar, des voyages et de leur utilité
Revue de l’Asselaf (Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française)
N° 22 Hommage à Marguerite Yourcenar
N° 36 Marguerite Yourcenar ou la langue française au summum de sa perfection
N° 36 Un colloque Yourcenar en pays francophone, la Roumanie
N° 47 Le français désincarné
Cahiers Marguerite Yourcenar 1999
N° 8 Marguerite Yourcenar: Etude comparée de la musique dans les œuvres de Thomas Mann et de Marcel Proust
Journal des Écrivains du 7e arrondissement de Paris
N° 22 Hadrien, un empereur exemplaire
N° 26 Marguerite Yourcenar, citoyenne du monde aurait cent ans
N° 30 Un séjour en Pologne

Conférences
(Liste non exhaustive)

Grand Palais à Paris : février-mai 1996
Un cycle de douze conférences
Thème : Marguerite Yourcenar : Je serai importante
Programme :
1. Biographie, autobiographie
2. Une île en Amérique
3. Début prometteur, Alexis ou le Traité du Vain Combat
4. Marguerite Yourcenar, poète
5. Marguerite Yourcenar, dramaturge
6. Marguerite Yourcenar traductrice de Negro Spirituals
7. L’art de la nouvelle : Nouvelles orientales
8. Marguerite Yourcenar essayiste
9 et 10. Le chef-d’œuvre inattendu, Mémoires d’Hadrien
11. Celui qu’elle aimait comme un frère, Zénon
12. Un roman testamentaire, Un homme obscur
À l’Université Paris IV Sorbonne
12 novembre 1996 Marguerite Yourcenar, une humaniste d’exception
16 mars 1999 Marguerite Yourcenar, des voyages et de leur intérêt
18 octobre 2000 Marguerite Yourcenar et Paris, conférence reprise à la Mairie du 16ème arrondissement de Paris, le 17 septembre 2003
11 décembre 2003 Marguerite Yourcenar, Le spectacle du monde.
6 février 2007 Marguerite Yourcenar, La douleur du monde.
3 février 2009 Le savoir sans école: Marguerite Yourcenar
À l’Université Paris VI Jussieu
18 novembre 1999 L’empereur Hadrien, porte-parole de Marguerite Yourcenar
18 janvier 2001 Marguerite Yourcenar, sa vie, son œuvre
23 janvier 2002 Marguerite Yourcenar, une dramaturgie née de l’emprunt
23 janvier 2003 Marguerite Yourcenar et le cinéma
26 mars 2004 Sur la grand route : Marguerite Yourcenar et ses protagonistes
11 janvier 2007 Marguerite Yourcenar : les emprunts à Breughel
20 décembre 2007 Marguerite Yourcenar, de la lettre au roman
À L'UNESCO Paris
28 mai 2009 L'œuvre de Marguerite Yourcenar
À Paris Sénat Palais du Luxembourg
14 novembre 2009 Marguerite Yourcenar, poète
À Paris Hôtel de la Représentation Wallonie-Bruxelles Conférence AMOPA
12 mai 2009 Marguerite Yourcenar et Paris
À Paris Mairie du 7ème arrondissement
14 février 2008 Marguerite Yourcenar, le goût des voyages
10 février 2011 Hommage à Jacqueline de Romilly
24 octobre 2013 Petite histoire de la langue française
À Paris Lycée Buffon
13 janvier 2009 Figure de la domesticité dans la vie et l'œuvre de Marguerite Yourcenar
À Paris Lycée Molière
15 décembre 2011 Hommage à Jacqueline de Romilly repris sous la forme d'une causerie
À Vaison-la-Romaine
29 octobre 2000 La modernité de l’empereur Hadrien, conférence reprise à la mairie du 7ème arrondissement de Paris, le 11 mars 2004
À Saint Jans Cappel, Musée Marguerite Yourcenar
11 mai 2007 La tragédie écologique
9 novembre 2007 Le goût des voyages
28 mai 2010 Lire Marguerite Yourcenar trente ans après son élection à l'Académie française
À Paris Mairie du 16éme arrondissement
2 octobre 2012 Jacqueline de Romilly citoyenne du 16émé arrondissement

Colloques

Participation à de nombreux colloques et journées d'études (liste non exhaustive)
Clermont-Ferrand 15-17 mai 1991 Marguerite Yourcenar et la Méditerranée
Bruxelles 26-28 mars 1992 La flore, une réalité sacrée
Tenerife 17-19 novembre 1993 La bibliothèque universelle de Marguerite Yourcenar
Montréal 12-15 juin 1996 Nouvelles orientales, un traité des passions
Rome 23-26 septembre 1998 Paris des horreurs de la Saint-Barthélemy aux honneurs de l’Académie
Lille 22 avril 1999 Marguerite Yourcenar, lectrice de Racine
Cluj-Napoca 8-12 mai 2003 La culture encyclopédique de Marguerite Yourcenar
Cluj-Napoca 31 mai 2004 L'œuvre au noir. L'Iconographie au service du roman
Cracovie 12 avril 2005 L'Inquisition, ses victimes, leur Saison en enfer dans L'Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar
Paris IV Sorbonne 9 décembre 2006 Marguerite Yourcenar : Mozart à Salzbourg

Radiodiffusion

Participation à l'émission de:
France Culture 31 juillet 2007 Marguerite Yourcenar Les détours du temps Traductions et voyages Émission de Clémence Boulouque Réalisation Marie-Ange Garrandeau



Exposition

2-30 septembre 2003

À l’occasion du centenaire de la naissance de Marguerite Yourcenar, Marthe Peyroux a réalisé à la Bibliothèque-Trocadéro, Paris 16°, une exposition de documents relatifs à la vie et aux œuvres majeures de l’académicienne.

Activités Stendhaliennes

Dans le cadre de la Société Stendhal Aujourd’hui, participation à des colloques :

À l’Université Paris IV Sorbonne
4 décembre 1999 Stendhal, Un voyage rétrospectif à la Grande Chartreuse
À l’Université Paris XII Créteil
20 novembre 2004 Le premier Stendhal Émile-Pauline : Lire ou ne pas lire ? Telle est la question
À l’Université de Tours
28 juin 2003 Stendhal lecteur d’Agrippa d’Aubigné, l’estre, le parestre et l’excellent français
À l’Université d’Örebro
26 avril 2002 Stendhal : druides et mégalithes en Scandinavie
Au Musée de l’Armée Invalides Paris
17 novembre 2001 Stendhal, Napoléon, la colonne Trajane et la colonne Vendôme
À l'UNESCO Paris
11 mars 2006 La Muette de Portici Eugène Scribe, librettiste et dramaturge

Autres activités

Collaboration au mensuel francophone finlandais le FRANCOFINN’ :

4 articles en 2004, 8 en 2005, 3 en 2006, 1 en 2007 dont :

novembre 2005 Marguerite Yourcenar et les lilas finlandais

Collaboration à la rédaction de 5 ouvrages sur :

L’Image du Nord chez Stendhal et les Romantiques

2004 Volumes 1 et 2
2006 Volume 3
2007 Volume 4
2009 Volume 5